Interview – Virginia M. Soukup, International Leadership Coach: Le coaching, pour améliorer les performances managériales des femmes algériennes.

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Co-fondatrice de Golden Bridge Leadership (GBL), avec plus de 20 ans d’expérience de formation dans le domaine de la gestion des changements, la résolution des conflits et de la négociation à l’échelle internationale, Virginia Soukup coache les dirigeants d’entreprises et les cadres pour les aider à réfléchir de façon stratégique et rester compétitifs.
Sa vocation, mettre son expertise au service des cadres et des gestionnaires de projet qui cherchent à développer leurs talents de leader, en un temps record, par l’enseignement de nouveaux modèles de pensée et d’action.
Virginia a animé, en novembre dernier, une série Conférences-débats sur le Coaching des dirigeants, portant les thèmes : “Que peut apporter le coaching pour la performance des dirigeants?” et “Coaching pour femme dirigeantes et entrepreneurs : Le pouvoir stratégique et intelligence sociale ». La série de rencontre a été organisée en collaboration avec l’Institut de Management Algéro-Américain (IMAA), au niveau du Coworking The Adress, à El Mohamadia Mall.
Pour cette française d’origine Anglaise, « pas de pilules magiques roses », mais il faut s’entraîner et progresser au fil des mois grâce à « une approche très pragmatique du positionnement stratégique! ». Une vrai passionnée et un véritable modèle de réussite, Virginia réponds, avec enthousiasme, aux questions du Journal de l’emploi.

Le Journal de l’emploi: Quel métier rêviez-vous de faire enfant ?
Virginia M. Soukup:
Diplomate. Je rêvais à l’époque de concilier est et ouest, nord et sud.

Qu’est-ce qui vous a été le plus utile dans vos études pour réussir aujourd’hui ?
La confiance de traiter les difficultés comme ouverture aux nouvelles possibilités et aux différentes cultures.

Quel fut votre premier job ?
Professeur d’allemand dans une école de deux mille garçons adolescents à Brixton, Sud Londres. Quelle expérience ! En Angleterre on n’enseigne pas seulement sa spécialité. Au lieu de préparer les garçons au baccalauréat en allemand je me suis retrouvée en train de surveiller les cours de foot pendant l’absence du prof de sport, ou encore pire en train d’arrêter les bagarres pendant la récré. J’ai vite compris l’importance pour une femme d’imposer ses capacités de gérer des situations difficiles de façon non physique mais efficace dans le long-terme.

Quel est l’entreprise qui vous a apporté le plus ? Pourquoi ?
Le Centre Européen de la Négociation qui m’a permis de découvrir le modèle de la négociation raisonnée de Harvard.  Cette initiation dans la méta- communication m’a permis de construire mon propre modèle de négociation cachée (le non-dit) pour les femmes et un autre modèle de négociation de changement pour les managers internationaux, hommes et femmes.

L’idée de vous installer comme coach vous est venue quand ?
Très tôt dans ma carrière j’ai compris que je pouvais rester « professeur » (la personne qui détient toute la connaissance) ou qu’il y avait une autre façon de faire évoluer les gens en les faisant découvrir leurs propres forces, leurs choix de comportements et leur capacité de communiquer pour collaborer sur des projets.  Il m’a fallu moultes expériences personnelles avant de vraiment comprendre la nécessité des séances de coaching et des ateliers pour femmes. Une fois compris, pas de marche arrière !

Pourquoi proposer des formations spécifiques pour les femmes ?
Une femme ne construit ni sa carrière ni sa communication de la même façon qu’un homme. Les femmes ont besoin d’apprendre à construire leurs parcours dans un monde professionnel pour prendre le pouvoir qui leur est dû.

Quelles sont vos offres phares en Algérie ?
Pour les femmes : Ateliers de Coaching « Éco-construction Son Avenir » pour Femmes Entrepreneurs et pour Femmes Cadres et Manager
Pour les sociétés:
– Coaching de Dirigeants et de Leaders
– Coaching Organisationnel
– Coaching d’Équipes
– Négociation du Changement: stratégies de développement de projets internationaux et de gestion de conflit

Les premières formations femmes vous vous en souvenez?  Qu’avez-vous ressenti?
Je suis rentrée des États Unis fin 2005 et j’ai tout de suite commencé à monter des séminaires pour les femmes.
J’étais émerveillée à la facilité avec laquelle les participantes ont abordées des sujets de leur vie professionnelle. Dans mon expérience des groupes mixtes les femmes n’ont jamais évoqués ses sujets. Je savais que j’étais à la bonne place au bon moment.

Quels sont les premiers témoignages que vous avez reçus ?
Remerciements et demandes pour plus d’interventions en Provence.

Quelles ont été les réactions de vos proches ?
Ma famille et les amies m’ont toutes soutenu (et les amis !).

Quel est le profil de vos clientes ?
Il y a plusieurs groupes distincts de femmes : femmes entrepreneurs, femmes porteuse de projet, femmes en politique et femmes en entreprise (cadre et manager)

GBL en 3 mots ?
Audace, courage, innovation.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre activité ?
Je suis en train de positionner GBL sur le marché algérien afin d’arriver à vendre la nécessité de former plus de femmes d’affaires algériennes pour leur permettre de co-créer les conditions de leur propre réussite.

Qu’est ce qui est le plus contraignant ? Comment le gérez-vous ?
Sans visibilité sur le marché il est difficile :
– d’influencer la politique interne des clients pour aider les femmes à prendre connaissance des choix de carrière et de leur vie
– de convaincre les femmes entrepreneurs ou porteuses de projet de prendre du temps pour elles-mêmes et d’investir dans leur avenir.

Quels sont vos objectifs pour les femmes en 2017 ?
Regrouper le plus de femmes possible pour les différents ateliers Golden Bridge Leadership, « Co-Construire Son Avenir ».

A quoi ressemblent vos journées ?
Une série de réunions non-stop. Je commence la matinée avec 20 minutes de yoga (suite à des problèmes de dos, donc mieux vaut tard que jamais ! J’adore faire la pause thé pour ponctuer l’après-midi, une des seules traditions britanniques que j’ai gardé.

Comment parvenez-vous à concilier vie pro et vie de famille ?
Pas d’enfants et beaucoup de déplacements donc quand je reviens du voyage à Paris j’essaie de passer au New Morning pour écouter du Jazz live. La musique est ma passion.

Quelle est la femme célèbre (ou pas) que vous admirez ?
Mercedes Erra, présidente de BETC Euro RSCG et présidente de Havas Worldwide.
« Je déteste l’idée qu’une personne puisse être nommée “à vie” ou puisse avoir des “avantages acquis”. Le mérite, ça devrait marcher partout ! »
« Un manager a beaucoup de devoirs. Il peut changer les choses. Une équipe reflète toujours le comportement de son dirigeant. Un manager charismatique a la capacité de faire que son équipe aille plus loin, vers une fierté plus grande dans son travail, tout en vivant dans l’harmonie. Il faut être cou-rageux, avoir des convictions. »

Quels sont, selon vous, les freins qui empêchent les femmes d’accéder aux postes de responsabilité ?
Les femmes n’arrivent pas facilement à se positionner pour prendre le pouvoir. Celles qui y arrivent sont souvent isolées et il leur manque des « role models » et/ou mentors.
Le label égalité, les lois sur l’égalité des chances, les lois sur la diversité … la société française commencent seulement à réaliser la richesse des talents professionnels que les femmes apportent au marché du travail. Malheureusement, je pense que ce n’est pas très différent en Algérie.
Pour les femmes entrepreneurs, les incubateurs comme Paris Pionnières et Femmes Business Angels nous montrent l’intérêt des investisseurs sérieux dans la capacité des femmes de mener à bien leurs entreprises. Les femmes ont beaucoup de bon sens. C’est inné. Elles gèrent les affaires à la maison … et sont très maline en affaires !

Quelle serait votre première mesure si vous étiez présidente ?
Renforcer les lois sur la diversité et créer des viviers de leaders féminins !

Quelle est votre devise ?
« Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. » Eleanor Roosevelt.

Appartenez-vous à des réseaux/associations féminins ou autres ?
INTACH Pondicherry, Programme de « Social & Digital Resource Mapping » – programme pour redéfinir le rôle des jeunes dans leur patrimoine (leur passé) et dans les développements urbaines (leur avenir)
TYCL, Trust for Youth & Child Leadership, Pondichéry – programme de mentoring pour adolescents et étudiants
Akash Neem Présidente de l’Association – organisation des cliniques mobiles pour femmes et enfants au Rajasthan, 2009 & 2010
Springboard/Tremplin Pour Les Femmes – co-fondatrice à Paris
Tempo International, membre du conseil d’administration, Milwaukee, 2003-2005.
Speaking Engagements
WIN (Paris, Oslo, Berlin), Paris Business Angels, HEC au Féminin, Shell Women, Paris Pionnières, Aurora/www2w (where women want to work) …

Quels bénéfices en retirez-vous ?
Les femmes de Tempo International aux Etats Unis avaient déjà un niveau de pouvoir assez conséquent pour créer des sphères d’influence mises à la disposition des membres.  En France les groupes comme HEC au Féminin commencent à forcer un débat plus équilibré sur la parité.  En Inde les femmes ont beaucoup d’esprit et du courage – j’aime leur mélange d’humour et du courage face à des situations très difficiles. J’ai hâte de découvrir l’esprit des femmes algériennes en 2017 !

Quels conseils avez-vous à donner aux femmes lectrices de notre journal ?
N’oubliez pas de rêver!

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