Harakiri à Bidindou !!!

Certains de nos compatriotes – heureusement pas tous – semblent perdre le sens de l’hospitalité. Ils oublient leur propre misère en accentuant la misère des autres. Ce qui s’est passé la semaine dernière dans la capitale de la Saoura n’est nullement pour égayer les cœurs. Encore moins pour exalter un quelconque sentiment d’appartenance à une communauté qui a totalement perdu ses repères. C’est même scandaleux ! Une honte ! Une tache indélébile qui ne doit pas manquer d’ébranler les esprits saints. Le petit peuple de cette contrée où la déchéance prend ses quartiers dans les vilains petits recoins de la ville à la couleur ocre, a-t-il troqué sa bonté d’antan contre cette humeur acariâtre qu’on ne lui a jamais connue ?  A-t-il à ce point perdu ses valeurs pour s’attaquer à de misérables migrants venus des lointaines contrées d’Afrique, à la recherche non d’un quelconque plaisir, mais juste de cieux plus cléments qui ne mettraient pas leurs vies, ou celles de leurs familles, en danger ? Par ici -malheureusement- les badauds qui ne cessent de broyer du noir à longueur de journées, perdus dans la lassitude des horizons bouchés que ne console que le pêché devenu plaisir du côté de Bidindou, finissent par passer de la chaire blanche à la chaire noire livrée à la vindicte. On frappe le noir, on le blesse et l’on ne se prive pas de transformer sa vie déjà cauchemardesque en enfer. Voilà qui est totalement absurde et inacceptable pour des gens que la poussière empêche souvent de voir d’où ils viennent et où ils partent. Ces jeunes perdus, car abandonnés à leur sort, s’en prennent maintenant aux plus misérables qu’eux-mêmes. En y voyant de très près, et comme la couleur de la peux des uns comme celle des autres ne permet pas une grande distinction, on a l’impression d’assister un véritable harakiri. L’automutilation serait-elle ainsi devenue un sport pour ces défavorisés ? Les pauvres dont les misères se contrastent seraient-ils ainsi réduits à se donner la mort ? A Béchar, en tout cas, ce ne sont pas les amoureux de « Fifine » (1) qui feront éviter à la société sa dangereuse descente aux enfers. Un sursaut de dignité de ce brave peuple qui se mure dans le silence, subissant les assauts condescendants de l’oisiveté des perdants, est plus que jamais souhaité. Car, la Saoura – faut-il le rappeler – n’a jamais de son histoire, été le cimetière des consciences. C’est même le berceau de l’humanité où la couleur de la peau n’est jamais perçue comme une tare. Au contraire, c’est un signe de diversité dans un pays où la tolérance est née. Osons alors le souhait que ce n’est là qu’un acte isolé qui ne se reproduira jamais. Ceux qui connaissent les bécharois croient déjà que ce n’est qu’un accident.
(1) Lire Sébastien Allard, Béchar, la porte du désert, c’est déjà le désert – Publibook – page 43