Panama Papers : Les mystérieuse sociétés offshore de Ali Haddad

Ali Haddad, PDG du groupe ETRHB Haddad et président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), « apparaît comme le bénéficiaire économique d’une compagnie enregistrée par Mossack Fonseca en novembre 2004 aux îles Vierges britanniques » dans une enquête publiée, mardi 16 mai, par le quotidien français Le Monde.

Selon les documents et emails obtenus par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung et le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur lesquels ont travaillé plus de 100 organes se presse, Ali Haddad apparaît comme le bénéficiaire économique d’une compagnie spécialisée dans les investissements immobiliers, dénommée Kingston Overseas Group Corporation (KOGC).

Selon l’enquête, la KOGC est « administrée par son fondé de pouvoir, Guy Feite, un Français établi au Luxembourg, qui gère par ailleurs une société offshore au Panama pour le compte d’Abdeslam Bouchouareb, le ministre algérien de l’industrie et des mines ».

La KOGC « dispose d’un compte ouvert dans une agence de la banque HSBC située dans le luxueux quartier de Knightsbridge, dans le centre de Londres», précise la même source. Ajoutant que le « revenu déclaré au titre de l’année précédant l’ouverture du compte, en février 2008, était de 67 000 livres sterling (environ 88 000 euros à l’époque) et le revenu prévu pour les douze mois suivant l’ouverture du compte était de 2,43 millions de livres sterling ».

La société de Ali Haddad gère notamment une autre compagnie offshore, panaméenne dénommée Markham Financial Services « fournie par Mossack Fonseca à Guy Feite », affirme le quotidien.

Le 23 avril 2009, cette société a été elle également « associée dans une autre coquille vide domiciliée au Nevada, aux États-Unis » et appelée « Marbury International Business Group LLC ». « Le montage est parfait et le nom du patron du groupe ETRHB Haddad n’est apparu qu’à l’occasion d’un inventaire réalisé par Mossack Fonseca, qui a contraint Guy Feite à communiquer dans un courriel datant du 13 avril 2010 les noms des bénéficiaires économiques de quelque 70 compagnies administrées par sa société, la Compagnie d’étude et de conseil (CEC) », ajoute Le Monde.

Par ailleurs, les documents analysés par les journalistes révèlent également que la sous-traitance à laquelle a eu recours le groupe ERTHB Haddad pour le projet de de « raccordement de la station de dessalement de Tafsout Honaine au réservoir de Lalla Setti, dans la wilaya de Tlemcen, et au projet de dérivation des eaux de l’oued Al-Harrach, dans la wilaya d’Alger, a donné lieu au transfert de plusieurs millions de dollars à l’étranger ».

Les « Panama papers »
Il s’agit de la plus grosse fuite d’informations jamais exploitée par des médias.

  • 109 rédactions dans 76 pays, coordonnées par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), ont eu accès à une masse d’informations inédites qui jettent une lumière sur le monde opaque de la finance offshore et des paradis fiscaux.
  • Les 11,5 millions de fichiers proviennent des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore, entre 1977 et 2015. 
  • Les « Panama papers » révèlent qu’outre des milliers d’anonymes de nombreux chefs d’Etat, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités ou des personnalités sous le coup de sanctions internationales ont recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs.