Tourner en rond !

C’est Ramadhan. Tout le monde ou presque, passe le clair de ses jours à parler de nourriture. Dans nos marchés, c’est le rush. A la télé ce sont les recettes de cuisine qui font le plein… et ce n’est pas pour rien que la chaîne Samira TV soit la plus regardée dans le pays. A première vue, on est tentés de croire que dans notre pays, les pauvres n’existent pas. Et ce ne sont pas ceux qui peinent à se remplir la bedaine qui vont gâcher la fête. En ce mois de piété où les plus avisés d’entre nous pensent que l’on doit encore travailler au-delà de la soixantaine bien sonnée, il n’est pas permis de douter. Seule la nuit du doute est tolérée. Tout le reste ne doit être que clean. Puisque nous devons continuer de travailler jusqu’à 60 ans, sans arrêt, on ne devra donc douter de rien. Y compris des résultats du BAC, dont les épreuves sont pourtant entachées de bien des irrégularités. Pas même un quidam ne doit se dire pourquoi tout le monde doit être heureux, puisqu’à la télé on nous montre bien, et en gros plans, ces images venues des quartiers du fin fond du pays, où l’on distribue à tours de bras tant des denrées alimentaires de tous genre que des clefs de maisons toutes neuves qui seront désormais occupées par les anciens locataires de bidonvilles les plus réputés. Réputation il y a en effet. Car, il n’est un secret pour personne que si les plus gros bidonvilles sont les mieux identifiés. Preuve en est, il est plus facile d’avancer le nom d’un bidonville comme repère afin de se situer, qu’une quelconque autre cité réalisée dans la norme. Nos chemins, nos ruelles sans signalisation routière donnent ainsi bien de l’apparence aux bidonvilles. On a bien l’impression que rien ne semble tourner en rond, alors que d’aucuns parmi ceux à qui on est tentés de reprocher ce désastre, font merveilleusement le dos rond. Tout est sens dessus dessous. Au temps dans la rue que dans nos têtes. C’est peut-être à cause du… Ramadhan !!!.