Une nouvelle carte pédagogique de la formation professionnelle de la wilaya d’Alger

Une nouvelle carte pédagogique de formation  professionnelle de la wilaya d’Alger à l’horizon 2025 a été adoptée mercredi au siège de la wilaya, pour investir davantage dans la ressource humaine et créer une main d’oeuvre qualifiée, afin de répondre aux besoins du marché du travail et de contribuer à la relance de l’économie nationale.

La nouvelle carte pédagogique de formation professionnelle de la wilaya d’Alger sera soumise jeudi 5 mai, au comité du Conseil exécutif de la wilaya d’Alger pour approbation avant son application immédiate, a affirmé le directeur de la Formation et de l’enseignement professionnels, Zeghnoun Ahmed lors de la présentation de cette carte.

Contrairement à l’ancienne, la nouvelle carte répond mieux aux exigences et demandes des entreprises économiques et industrielles, présentes en force au niveau de la wilaya d’Alger, en termes de spécialités et de qualité de la formation, a indiqué M. Zeghnoun lors d’une rencontre tenue en présence de représentants des entreprises économiques et industrielles, des directeurs des centres et Instituts de la formation professionnelle, ainsi que des walis délégués de la wilaya d’Alger.

Après recensement des entreprises économiques implantées au niveau de la wilaya d’Alger, les besoins de chaque entreprise ont été définis, grâce à une coordination, dans le cadre de la nouvelle carte, entre les spécialités enseignées au niveau des centres et Instituts de la formation professionnelle et les métiers demandés par les grandes entreprises économiques, a ajouté le responsable.

L’entreprise économique est désormais un partenaire stratégique du secteur de la formation professionnelle, les stagiaires du secteur devant bénéficier de stages pratiques au niveau des entreprises économiques et industrielles, ce qui leur permettra d’étendre leurs savoir-faire.

Les centres ou Instituts relevant du secteur de la formation professionnelle, présents au niveau de la wilaya d’Alger, doivent assurer une formation dans les spécialités demandées par les entreprises économiques de la wilaya, citant à titre d’exemple la circonscription administrative d’Hussein Dey qui compte plusieurs structures hotellières, ce qui exige une formation spécialisée dans le domaine hôtelier et touristique.

La nouvelle carte pédagogique permettra de créer une main d’oeuvre qualifiée, grâce à une formation de qualité, à la faveur de l’introduction de nouvelles spécialités demandées sur le marché de l’emploi et la diversification de la formation, en fonction de la demande des établissements économiques et industriels.

223 accords de partenariat ont été conclus durant la période 2015-2016 avec les différents établissements économiques et industriels de la wilaya d’Alger pour permettre aux stagiaires de bénéficier d’un stage pratique, en contrepartie de faire profiter le personnel de ces établissements d’une formation continue et d’un recyclage au niveau des centres de formation professionnelle.

Une nouvelle carte pour garantir un emploi aux diplômés de la formation professionnelle

Dans le cadre de la convention signée entre les ministères de l’Industrie et des mines et de la Formation et l’enseignement professionnels, il a été procédé à la coordination des efforts entre les deux secteurs pour élaborer une nouvelle carte de la formation professionnelle à l’horizon 2025,

en vue de répondre à la demande du marché du travail et de garantir des postes d’emploi aux diplômés des centres et Instituts de la formation professionnelle, a souligné le sous-directeur de l’Industrie et des mines de la wilaya d’Alger, Hamou Benabdellah.

En 2013, la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) a recruté 900 travailleurs diplômés des instituts de la formation professionnelle (spécialité mécanique), près de 209 en 2014 et  200 nouvelles recrues en 2015, ce qui prouve que la formation qui tient en compte des exigences du marché du travail, est à même de résorber le chômage chez les jeunes, a-t-il dit.

La Wilaya d’Alger compte plus de 8.000 entreprises industrielles et économiques, outre 56.000 PME, d’où la nécessité de moderniser et de diversifier les spécialités en matière de formation et garantir la qualité afin de répondre aux besoins des entreprises.

Le directeur des ressources en eaux de la wilaya d’Alger, Smail Amrouche a pour sa part indiqué que la distribution de l’eau et l’assainissement des eaux usées exigeaient le recours à des techniques modernes et une formation spécialisée de haute qualité, c’est-à-dire, une formation spécialisée, diversifiée et continue.

En 2015, une convention a été signée entre le ministère des ressources en eau et celui de la formation et de l’enseignement professionnels pour la formation de 200 jeunes dans les domaines de la distribution de l’eau et de l’installation de compteurs, a-t-il précisé, annonçant que l’institut de formation professionnelle d’El-Harrach créera une nouvelle formation dans le domaine del’analyse de l’eau.

Le Wali d’Alger, Abdelkader Zoukh a affirmé, lors de son intervention, qu’il était nécessaire d’investir dans les ressources humaines pour relancer l’économie nationale hors hydrocarbures.

Il a annoncé « la mise en place d’une carte stratégique pour la wilaya d’Alger pour la formation, le recyclage et la mise à niveau des agents ».

« Un programme de formation et de recyclage a été élaboré au profit de 5.800 agents relevant de 24 établissements administratifs, économiques, commerciaux et industriels, avec la création de nouvelles filières dans la formation professionnelle pour garantir une main d’oeuvre qualifiée et professionnelle, a-t-il dit.

« L’investissement dans les ressources humaines est la pierre angulaire pour la réalisation du développement et du progrès », a affirmé l’expert international en économie et en gestion, Abdelhaq Lamiri.

Apres avoir souligné la nécessité d’accorder une grande importance à la formation, il a rappelé que les pays émergents à l’instar de la Corée du

Sud, de la Malaisie et la Chine, ayant consacré 53% de leur valeur ajoutée à la formation et au recyclage, ont réussi à réaliser un progrès remarquable dans différents domaines, tandis que l’Algérie consacre actuellement moins de 1% de sa valeur ajoutée à la formation et à l’enseignement professionnels.